Bâle 3 : Frölich 1581
Uldrich Frölich
Frölich est né vers les années 1550 à Plauen, en Saxe, non loin de Chemnitz. Il s’installe à Bâle avant 1572 et devient bourgeois de cette ville (un quasi titre de noblesse) le 15 octobre 1576. Son épitaphe porte les titres de Roi des poètes et notaire impérial. Il travaille avec l’imprimeur Sébastien Henricpetri que nous reverrons et meurt le 3 février 1610.
L’édition de 1581 porte en titre la célèbre crosse de la ville et un long titre : Éloge de la très louable et renommée ville de Bâle : contenant divers points notables et importants qui s’y trouvent ; y compris les raisons pour lesquelles les cloches de la ville sonnent une heure plus tôt ; de plus, les versets enregistrés lors de la Danse macabre pour chaque classe sociale sont inclus dans l’ordre, car ils sont faciles à lire pour les pauvres.
Par Hulderich Frölich Plauensem [de Plauen], alors citoyen de Bâle, écrit en vers allemands.
L’ensemble du travail est en vers, comme il le dit. La page 3 (elles ne sont pas paginées) montre une vue cavalière de la ville ; ensuite toutes les pages de texte portent le titre : courte description sur le verso / de la ville de Bâle sur le recto en vis-à-vis. Sur la septième page est une dédicace en latin où on lit la date de 1580 ; la page 8 porte également cette date. Suivent trois citations des Écritures, en page 20 et suivante :
- Avertissement d’Isaïe, 40, 6 : Ainsi parle le prophète Isaïe / Toute créature est pareille à l’herbe / Belle comme la fleur des champs / L’herbe sèche et la fleur se fane / [Comparons cela à l’herbe de la lande] / Quand le souffle du Seigneur lui passe dessus / L’herbe sèche et la fleur se fane / Mais la parole de Dieu demeure en l’éternité.
- Consolation de Job, 19, 25 : Je le sais, mon vengeur [Sauveur] est vivant [Qui donne la vie] / Qui me relèvera de la terre / Mes os seront recouverts de peau / De ma chair je verrai Dieu / De mon œil je le considérerai / Autre sentence consolante / La vie puis la mort par la faute d’Adam / La mort puis la vie par la mort du Christ.
- Le prédicateur parle, Daniel, 12, 2 : Beaucoup de ceux qui dorment dans la poussière de la terre, se réveilleront, les uns pour une vie éternelle, les autres pour une honte, une infamie éternelle. Ceux qui ont été intelligents resplendiront comme l’éclat du firmament, et ceux qui en auront introduit plusieurs dans la justice luiront, comme le étoiles, d’un éclat éternel.
Puis il y a page 22 une introduction évoquant, si l’on veut, la présentation que nous connaissons grâce à Guyot Marchant, confirmant que la Danse macabre atteint tous vivants. Elle commence par : Autres versets : Ô homme, considère et ne méprise pas ici cette image, toutes les créatures que la mort emporte tôt et tard, tout comme les fleurs sont dispersées dans le monde. Et cette représentation va commencer par le pape (page 23).
Celui-ci est représenté en buste, tiare et tête et triple croix sur l’épaule droite, main gauche levée en un geste de refus ; à son côté le squelette est ailé, porte la faux au sol et présente le sablier de la main droite. Il faudra aller au dernier personnage, le turc, pour retrouver exactement le même squelette et le portrait du turc portant sceptre dans la main gauche et bouclier dans la main droite. Cette dernière gravure est signée GS (très certainement Georg Scharffenberg) et un dessin (de couteau?) que nous retrouverons avec les pseudo gravures de Holbein, surtout dans l’édition de Frölich 1588, celle qui est responsable de toutes les erreurs jusqu’à nos jours !
La suite des personnages, qui sont quarante et un, est ainsi faite : pape, empereur, impératrice, roi, reine, cardinal, évêque, duc, duchesse, comte, abbé, chevalier, juriste, conseiller, chanoine, médecin, combattant, noble dame, marchand, abbesse, estropié, ermite, jeune homme, usurier, jeune fille, ambulant des foires, héraut, maire, juge (ou bailli), fou, ambulant, aveugle, juif, païen, païenne, cuisinier, paysan, enfant, mère de l’enfant, Kluber le peintre, turc ; à part les ajouts (chanoine et épicier de foires), l’ordre est identique à celui de l’édition dite de 1530. Les dialogues sont faits de deux fois quatre vers, sauf la réponse de l’enfant, cinq vers (quatre en 1530), l’apostrophe à Kluber, huit vers, la réponse de Kluber en dix vers, l’apostrophe au turc en six vers et sa réponse également. Cette fois le mort s’adresse précisément à Hans Kluber, ses nom et prénoms sont cités. Dans l’ensemble les textes sont très ressemblants mais non identiques à ceux de l’édition 1530.
Cette édition est très peu illustrée : la vue cavalière de Bâle, le pape et un mort qui n’ont rien à voir avec une Danse macabre, un squelette ailé drépanophore (porte sa faux), le portrait du turc qui serait Soliman le Magnifique et enfin un colophon accompagné du texte : imprimé à Bâle par Lienhard Ostein au Howberg (Hohberg), l’an du Christ MCLXXXI.
Il y aurait une autre édition de Frölich en 1583 mais je n’ai pas trouvé d’information.
llustration : la page de titre de cette édition. les clichés sont de la Deusche Forschung Gesellschaft, DFG









