Danses Macabres

Bâle 2 : édition de 1530

Chronologiquement la première description semble anonyme et elle est indiquée 1530. Elle se trouve vers la fin d’un volume assez épais (abrité à Dresde) qui porte, sur sa couverture de cuir blanc, les lettres ILSPVCGD et la date 1580. La page du titre qui nous intéresse[Ci-dessus] porte la date M. D. XXX. En fonction de la typographie et du papier on pourrait supposer qu’il manque un L ce qui ferait 1580, ou qu’il faut remplacer un X par un L, ce qui ferait 1570. Toutefois il est pratiquement certain que cette édition est d’avant 1568 car il n’est pas mentionné le nom du peintre (voir plus loin) et il n’est pas non plus mentionné le prédicateur, qu’on sait avoir été ajouté par Kluber en 1568. Il est écrit en allemand gothique : « La Danse macabre à laquelle doit danser tout homme, grand ou petit, jeune ou vieux, toute créature de Dieu ; imprimé pour tous les hommes pour leur servir de miroir salutaire ; le Ciel et la terre disparaîtront mais Dieu demeure pour l’éternité ; nous mourrons tous par la faute d’Adam, nous revivrons grâce à la mort du Christ ». Au centre est un mort transi portant sa faux et il n’y a ensuite plus une seule illustration. Après une introduction de deux pages nous est livré le dialogue de la mort avec les trente-sept vivants ; ce sont pour chacun des strophes de quatre vers, sauf pour le peintre qui en compte huit, et le turc qui en a six.

Il y a deux arguments pour accepter la date de 1530 : après la page de titre, un recto et un verso ne sont pas bien placés et ce n’est pas la page d’avant-propos qui a déteint sur son verso vis-à-vis ; donc la mise en page, la reliure a été remaniée et un document de 1530 pourrait avoir été inséré dans un livre indiqué 1580. Le deuxième argument est plus sérieux : le mort ne s’adresse pas à Kluber lorsqu’il s’adresse au peintre, qui reste anonyme ; or dans toutes les éditions ultérieures Kluber est cité en toutes lettres, nom et prénom. Et comme déjà mentionné, il n’est pas question d’un prédicateur, la suite commence avec le pape. La foliotation ne nous aide pas : après le titre nous avons A2, A3, A4, A5, 3 pages sans indication, puis B, B2,B3, B4 qui est la dernière. Tous les bas de page ont leur réclame.

Voici la suite des personnages :

Pape, empereur, impératrice, roi, reine, cardinal, évêque, duc, duchesse, comte, abbé, chevalier, juriste, conseiller, médecin, combattant, noble dame, marchand, abbesse, mendiant, ermite, jeune homme, usurier, jeune fille, héraut, maire, bailli, fou, aveugle, juif, juive, cuisinier, paysan, enfant, femme du peintre, peintre, turc.

Le texte des dialogues est très ressemblant à celui transmis par Büchel mais il n’est pas identique. Il nous est donc impossible de savoir si le copiste de ce document de 1530 a fait à sa fantaisie ou bien s’il a scrupuleusement recopié de texte de Bâle qui a été modifié ensuite ; en fait nous savons que Kluber a fait une restauration assez sévère et nous pouvons estimer que nous avons là sous les yeux le texte original de cette époque.

Suit une conclusion en deux courtes pages, dont le titre est : Ce qu'une personne devrait prendre en compte et comment elle pourrait se réconforter à nouveau, si la mort est également difficile pour tout le monde.

 Illustration : la page de titre de cette édition. Document de la Bibliothèque de Dresde

 



 

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