Danses Macabres

Lübeck 6 : l'édition de 1520 : Dodendantz

Sous ce titre est parue une autre Danse macabre à Lübeck en 1520 dont le seul exemplaire, semble-t-il, se trouve à la Bodleian Library. Elle ne comprend maintenant que 424 vers, elle est donc quatre fois plus courte que l’édition de 1489. Ce sont les mêmes bois qui ont été utilisés, on constate d’ailleurs qu’ils sont un peu plus usés que précédemment, en tenant compte de probables différences d’encrage. En revanche le mort portant le dard a disparu. Il y a trente vivants, plus les autres jeunes gens appelés avec le compagnon mais l’official et le compagnon ne sont pas représentés et le fou n’est représenté que par sa tête.

L’œuvre commence par seize vers sur l’origine de la mort par la faute d’Adam, puis la mort parle en seize vers de sa puissance et de son universalité. Ensuite commencent les dialogues, en principe avec deux vivants par page et leurs morts en vis-à-vis mais il manque dix morts, ils ne sont que vingt. L’abbé, le médecin et le chevalier teutonique sont sur la même double page, sans mort. Le pasteur (ou curé) est remplacé par une crucifixion avec saint Jean et Marie ; dans le cadre de la crucifixion on retrouve les signes de l’imprimeur, trois coquelicots et un T accolé d’une croix. En vis-à-vis il n’y a pas de mort, mais trois crânes que nous avions déjà vus dans l’édition de 1489 et que l’on retrouve ici en page de titre et au folio 13. Sur la double page de l’official, ermite et bourgmestre, il n’y a qu’un mort. Sur la double page du bourgeois et de la béguine, il n’y a pas de mort et le fou n’est représenté que par sa tête. De même au folio 13 il n’y a qu’un mort et trois crânes. Au folio 15 le compagnon n’a pas de mort et celui qui tient sa faux s’adresse à tous en guise de conclusion. L’ouvrage est daté et on observe à la suite les quatre blasons habituels : l’aigle bicéphale, les armoiries de Lübeck (en principe…) et les deux marques de Monkopf, coquelicots et T.

Nous remarquons aussi qu’il n’y a pas d’alternance des religieux et des civils, on les croirait même parfois regroupés.

Des questions se sont posées à propos de l’origine, de l’ancienneté de cette édition de 1520. Plusieurs auteurs estiment qu’il s’agit d’une sorte de résumé de celle de 1489 mais d’autres, comme Schulte suivant Seelmann, estiment - sans la moindre preuve - qu’il y aurait un modèle commun antérieur, de 1484 - document fantôme. Notons que ce document comprend une proportion beaucoup moins importante de textes que celui de 1489, ce qui lui permettait peut-être d’être plus accessible à davantage de lecteurs : il y a pratiquement le même volume en texte et en gravures.

Illustration : la page de titre de l’édition de 1520.



 

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