21 - François Villon
François, né à Montcorbier ou aux Loges en 1431, orphelin de père, est élevé par Guillaume de Villon, chapelain de Saint-Benoît. Mauvais garçon, mais maître ès arts à la Sorbonne, il fut d’abord emprisonné à Meung par l’évêque d’Orléans puis condamné à mort par le Châtelet en 1462 (ballade des pendus) mais gracié et interdit de séjour à Paris. On perd sa trace à partir de cette date.
Son œuvre comprend le Petit Testament (1456), le Grand Testament (1461), le Codicille et des poésies diverses. Le Grand Testament est entrecoupé de ballades très connues : Ballade des Dames du temps jadis, Regrets de la belle Hëaulmière, Ballade que Villon fist à la requête de sa mère pour prier Notre-Dame, Ballade des langues envieuses, etc. La célèbre Ballade des Pendus (« Frères humains qui après nous vivez… mais priez Dieu que tous nous veuille absoudre ») est dans le Codicille.
L’œuvre, très agréable et très facile à lire, traduit la verve, la philosophie, la joie de vivre et la nostalgie de Villon. Une discrète autobiographie se trouve dans le Petit Testament, et au cours de ses diverses Ballades on observe les principaux thèmes auxquels nous sommes habitués.
- Égalité par la mort dans le Grand Testament, 36 :
Mieux vaut vivre sous gros bureau
Pauvre, qu’avoir ete seigneur
Et pourrir sous riche tombeau.
Et surtout 39 :
Je connais que pauvres et riches
Sages et fols, prestres et lai…
De quelconque condition
Portant atours et bourrelets
Mort saisit sans exception.
- Description de la mort dans le Grand Testament, 40 et surtout 41 :
La mort le fait fremir, pallir
Le nez courber, les veines tendre,
Le col enfler, la chair mollir
Joinctes et nerfs croistre et estendre.
Et aussi la strophe 76 :
Item, mon corps je donne et laisse
A notre grant mere la terre
Les vers n’y trouveront grant graisse…
- Ubi sunt : Ballade des Dames du temps jadis ; Ballade en vieux français :
… Ou de France le Roy tres noble
Sur tous autres roys decores
… S’en son temps il fust honore
Autant en emporte le vent.
- Fragilité des biens de ce monde : Grand Testament, 43 :
Ce monde n est perpetuel
Quoi que pense riche pillard
Tous sommes sous mortel coutel.
Et aussi, la Ballade des Seigneurs du temps jadis.
Évolution du corps dans la vieillesse, dans les Regrets de la belle Hëaulmière.
Peines d’Enfer, dans le Grand Testament, 72 et 73.
Il y a de nombreux autres exemples que nous ne pouvons énumérer ; Villon n’est pas un moralisateur, on n’observe ni plan ni suite dans ses ballades qui restent des œuvres autonomes, isolées ; on a l’impression qu’il écrit au fil des idées ou du calamus. Il est réellement imprégné de la morale religieuse de son siècle et ce ne sont pas les tourmenteurs du Châtelet ou de Meung qui lui auraient ôté l’idée de la fragilité de la vie.
Illustration : BnF, Réserve des livres rares, RES YE-238, Pierre Levet, Paris, 1489, page de couverture. Source Gallica.bnf.fr/BnF.
Album photos : BnF, réserve des livres rares, YE-238 ; la gravure de Villon (xylographie) est répétée 5 fois : vues 2, 22, 43,70, 88 ; celle de la dame 3 fois : vues 23, 44, 71 ; s’y ajoutent l’évêque en vue 3 et les pendus, gravure bien connue, en vue 89.
Bibliographie :
- Bnf, ms. fr. 1003, 1661, 20041, sans miniature.
- Arsenal 3523, il y a 817 folios.
- DUFOURNET Jean, Villon et sa fortune littéraire, Saint-Médard-en Jalles, 1970.
- FAVIER Jean, François Villon, Fayard, Paris, 1982.
- GUIRAUD Pierre, Le jargon de Villon ou le Gai Savoir de la Coquille, Gallimard, Paris, 1968.
- UTZINGER Hélène et Bertrand Itinéraires des Danses macabres, Éditions Garnier, Chartres, 1996.









