20 - Jean de Castel
Petit-fils de Christine de Pisan, fils de Jean né en 1383 et qui fut secrétaire du roi, notre Jean de Castel naît avant 1425. Bénédictin en 1439 à Saint-Martin-des-Champs, il reçoit une récompense pour avoir écrit un éloge à Notre-Dame : Frère Jean du Castel, de l’ordre de Saint-Benoît, reçut en janvier 1459 vingt écus du Roi [Charles VII] pour « ung role de parchemin de plusieurs beaux ditez par luy faiz en rime a la louenge de Nostre Dame et unes lettres myssives aussi en rimes adressant audit seigneur ». Il correspond et échange des ballades avec Georges Chastellain, puis il est secrétaire de Louis XI en 1470, avant d’être nommé abbé de Saint-Maur-des-Fossés trois ans plus tard. Il meurt le 24 février 1476.
Le Miroer des pecheurs traite de l’inutilité des biens de ce monde ainsi que de la méditation sur la mort et des fins dernières. On retrouve nettement le thème du Speculum peccatorum [Miroir des pêcheurs] du pseudo Augustin qui fut si en vogue aux XIVe et XVe siècles. C’est aussi l’Ars moriendi, c’est Savonarole.
Jean de Castel écrit aussi le Miroer des Dames et Damoiselles et de tout sexe feminin, méditation sur les vanités de la beauté, du pouvoir et des richesses, sous forme d’une momie de jeune femme qui instruit d’autres vivantes. En fait ces œuvres sont regroupées, par exemple à la BnF, Réserve des livres rares, VELINS-2229 ; on peut lire le début du texte : « En ce present volume sont contenus trois livres. Le premier est nommé le specule [miroir] des pecheurs. Le second livre est appelle lexortacion des mondains tant gens deglise comme seculiers. Le tiers livre nomme lexemple des dames et damoiselles et de tout le sexe femenin ». À partir de la vue 85, image de l’« Ecce Homo », Jean de Castel parle de danser puis fait l’ébauche d’une Danse macabre en faisant l’appel de quelques hauts personnages civils et ecclésiastiques puis de ceux qui commettent les sept péchés capitaux.
Ce volume a été imprimé pour Antoine Vérard en 1505.
En 1440 déjà, Jean de Castel était considéré comme le plus grand poète de son temps.
Illustration : BnF Ms. Fr. 147 fol. 6, vue partielle, Miroir des dames. Source Gallica.bnf.fr/BnF.
Bibliographie :
- BnF, réserve des livres rares, VELINS-2229.
- BnF, NAF 10032, folios 130v à 134.
- Bibliothèque Vaticane, Reginensi latini, 499.
- Mazarine, Ms. 995, folio 34.
- BnF, Ms. Fr. 1816, folios 17-19.
- BnF, Ms. Fr. 1642, folio 331 ; vers 1465.
- Lefèvre, Sylvie, « Jean Castel (père et fils) », Dictionnaire des lettres françaises : le Moyen Âge, éd. Geneviève Hasenohr et Michel Zink, Paris, Fayard, 1992, p. 760-761.
- Quicherat, J., « Recherches sur le chroniqueur Jean Castel », Bibliothèque de l'École des chartes, 1re série, 2, 1840-1841, p. 461-477.















